Plinio Corrêa de Oliveira: Homme de foi, de pensée et d’action

 

Né le 13 décembre 1908 à São Paulo (Brésil), Plinio Corrêa de Oliveira devient très jeune le chef de file du mouvement catholique. Il fonde l’Action Universitaire Catholique et, à 24 ans, est élu député à l’Assemblée constituante, à la tête de la Ligue Électorale Catholique qu’il a organisée. Journaliste, il dirige l’organe officieux de l’archidiocèse de São Paulo puis fonde la revue Catolicismo. Avocat, puis professeur universitaire, il était titulaire de la chaire d’histoire moderne et contemporaine à l’Université pontificale catholique de São Paulo. Sa grande réalisation est la société brésilienne de défense de la Tradition, Famille et Propriété, qu’il fonde en 1960, ainsi que l’inspiration des 25 autres TFP.

Plinio Corrêa de Oliveira, un homme de foi, de pensée et d’action !

Plinio Corrêa de Oliveira aura été toute sa vie un catholique militant, un catholique passionné qui consacra son ardeur à lutter contre l’ennemi de l’Eglise : la Révolution.

Son premier livre est un cri d’alarme contre l’infiltration progressiste et gauchiste — déjà ! — dans l’Action catholique. C’est en tant que président du bureau archidiocésain de l’Action catholique de São Paulo qu’il écrit en 1943 En défense de l’Action catholique, préfacé par le nonce apostolique au Brésil, Mgr Aloisi Masella, plus tard camerlingue de la Sainte Eglise. La lettre d’éloges, adressée à l’auteur au nom du pape Pie XII par Mgr Jean-Baptiste Montini, alors Substitut du secrétaire d’Etat et futur Paul VI, constitue une appréciation éloquente, de la part de l’autorité ecclésiastique suprême, des dénonciations faites par ce livre.

Un essai magistral

En 1959, Plinio Corrêa de Oliveira écrit Révolution et Contre-Révolution qui analyse la crise multiséculaire de l’Occident née avec l’Humanisme et la Renaissance : c’est un processus qui, après le protestantisme, la Révolution française, la révolution russe de 1917 et la révolution de 1968, donne à présent les fruits amers de la société post-moderne. Ces étapes successives sont les métamorphoses d’une seule et unique Révolution, gnostique et égalitaire, démolissant la civilisation chrétienne autrefois florissante.

Parmi les personnalités de renom international ayant manifesté leur appui à l’auteur, citons une lettre du R.P. Anastasio Gutierrez, CMF, illustre canoniste, cofondateur de l’Institutum Juridicum Claretianum à Rome et consultant pour divers dicastères du Vatican :

” Révolution et Contre-révolution est une oeuvre magistrale, dont les enseignements devraient être diffusés jusqu’à les faire pénétrer dans la conscience de tous ceux qui se sentent véritablement catholiques (…). En somme, je me risquerai à affirmer que c’est une oeuvre prophétique, dans le meilleur sens du terme (…). Je conclus en disant que l’on est fortement impressionné par l’esprit avec lequel ce travail est rédigé : un esprit profondément chrétien et aimant passionnément l’Eglise. ”

Une dénonciation au niveau mondial du socialisme autogestionnaire de Mitterrand

Par l’ampleur de sa divulgation, l’écrit du professeur Corrêa de Oliveira ayant obtenu le plus grand impact publicitaire était intitulé : Le socialisme autogestionnaire par rapport au communisme : obstacle ou tête-de-pont ? Il dénoncait l’extrême radicalité des objectifs socialistes. Cet article de six pages de journal a été publié dans la presse de 52 pays.

Il faut se souvenir que l’accession du PS au pouvoir avait été saluée par les médias du monde entier comme l’avènement d’un nouveau modèle de société, l’autogestion socialiste résonnant alors comme un mot talisman chargé de toutes les espérances. S’appuyant sur le prestige et l’irradiation culturelle de la France, cette conquête du pouvoir par le socialisme était conçue comme le tremplin d’une véritable action missionnaire en direction de l’étranger, notamment l’Amérique latine.

L’impact causé par la publication dans le monde entier de cette dénonciation a certainement été un facteur décisif dans le déclin du socialisme autogestionnaire. L’expansionnisme du modèle socialiste français s’est alors éteint, ses partisans se contentant d’une permanence au pouvoir, très éloignée de leurs objectifs de 1981. En France, ce document se heurta à la censure socialiste, toute la presse ayant refusé sa publication. Un grand quotidien qui en avait tout d’abord accepté la parution rompit unilatéralement son contrat par crainte de représailles gouvernementales, alors que le prix exigé était déjà en dépôt à l’agence de publicité.

Une pétition internationale historique

En 1990, à un moment particulièrement décisif de la crise de l’ex-URSS, le professeur Plinio Corrêa de Oliveira lança la campagne Pour une Lituanie libre qui reçut l’adhésion chaleureuse de toutes les autres TFP. Il en résulta une pétition monumentale en faveur de l’indépendance de ce pays balte, qui recueillit de par le monde 5.212.580 signatures, et fut inscrite dans le livre Guiness des records. Le gouvernement lituanien de l’époque qualifia cette campagne de ” plus grand appui reçu de l’Occident ” et témoigna de l’influence qu’elle eut dans le processus de libération de la Lituanie.

Noblesse et élites traditionnelles analogues

Dans Noblesse et élites traditionnelles analogues, dans les allocutions de Pie XII au patriciat et à la noblesse romaine (1993), le professeur Corrêa de Oliveira commente les enseignements du regretté pontife sur le rôle indispensable de la noblesse et des élites dans la société. Il souligne l’influence irremplaçable, dans le monde convulsionné d’aujourd’hui, des différentes élites traditionnelles, ainsi que les valeurs religieuses et culturelles dont elles sont porteuses au service du bien commun. Ce livre, initialement édité en France, Espagne, Etats-Unis, Italie et Portugal, a reçu plusieurs lettres d’éloges dont celles de quatre cardinaux, deux éminents théologiens et un canoniste.
Catholique, apostolique et romain

Si le professeur Plinio Corrêa de Oliveira a été indiscutablement un homme d’action et de pensée (16 livres ou essais, plus de 2500 articles et des milliers de conférences), il a surtout été un homme de foi. Une foi profonde, soumise et enthousiaste, dans la seule véritable Eglise du seul vrai Dieu, la sainte Eglise catholique apostolique et romaine.

Comme corollaire, transparaissait continuellement en Plinio Corrêa de Oliveira une grande dévotion envers le Souverain Pontife. Il disait lui-même que son dernier soupir serait un acte d’amour, de vénération et de fidélité envers la Papauté. C’est l’éloge que lui avait adressé le cardinal Pizzardo, alors préfet de la Sacrée Congrégation des Séminaires et Universités, pour son livre L’Eglise et l’Etat communiste, la coexistence impossible qu’il avait qualifié : « un écho très fidèle des documents du suprême magistère de l’Eglise ».

Plinio Corrêa de Oliveira a été aussi, toute sa vie, un paladin de la dévotion à la Sainte Vierge, dans l’esprit du grand apôtre marial, saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Son exemple, ses écrits, ses paroles étaient toujours remplis d’un amour filial envers la Mère de Dieu, médiatrice de toutes les grâces.

Fondateur d’une école de pensée et d’action

Le professeur Plinio Corrêa de Oliveira a formé une école de pensée et d’action qu’il laisse après lui. Elle se caractérise par une adhésion totale et fervente à la doctrine de la sainte Eglise catholique apostolique romaine, exprimée dans les enseignements des souverains Pontifes et du magistère ecclésiastique en général. Aujourd’hui les associations TFP existent dans 25 pays. Un des aspects les plus originaux de la bataille idéologique conduite par Plinio Corrêa de Oliveira est, sans aucun doute, la méthode publicitaire qu’il a idéalisée et qui est mise en pratique par toutes les TFP : des campagnes de rue, en contact direct avec le public, durant lesquelles les membres de la TFP portent leurs grands étendards rouge et or, frappés d’un lion héraldique, et sur leurs épaules une cape de même couleur qui n’est pas sans rappeler le symbolisme de la chrétienté médiévale. Aux dires d’un journaliste peu suspect de connivence, c’est dans ces occasions-là que la TFP déploie son ” charme grandiose “.

Plinio Corrêa de Oliveira, batailleur clairvoyant et infatigable au service des droits de l’Eglise et de la civilisation chrétienne, a été qualifié à juste titre de ” Croisé du XXe siècle “. Devant ses 87 ans de vie — dont 67 de luttes incessantes — la TFP française, en union avec toutes les autres TFP, exprime son admiration enthousiaste et sa profonde gratitude. A l’unisson avec ce qu’il y avait de plus profond dans l’âme de Plinio Corrêa de Oliveira, elle se tourne vers la Très Sainte Vierge car c’est à Elle que revient cette admiration fervente et cette reconnaissance émue.

Résolue à marcher sur les traces de son fondateur, la TFP fait siennes ses paroles :

” Je suis sûr que les principes auxquels j’ai consacré ma vie sont plus actuels que jamais et qu’ils montrent le chemin que le monde suivra dans les siècles futurs. Les sceptiques pourront sourire, mais le sourire des sceptiques n’a jamais pu arrêter la marche victorieuse des hommes de foi. “.

 

Société française pour la défense de la Tradition, Famille et Propriété
— TFP —